16 juillet 2012

Incidences

Une Fiat 500. Au volant, Marc. A côté de lui, sa plus jolie étudiante. C'est la nuit, ils foncent chez lui finir la soirée en beauté. Au petit matin, son goût prononcé pour les jeunes élèves de son cours d'écriture va soudain lui passer. A cause des routes de montagne ? Du néo-conservatisme ambiant ? Des crises de sa soeur ? Ou plutôt du charme des femmes mariées ? Marc ne saurait dire. Du moins, pour le moment.
critique
Bof

12 juillet 2012

le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates

Aussi fantasque que son titre, et drôle, tendre, incroyablement attachant : voici un premier roman comme on n'en a pas lu depuis longtemps, qu'on a hâte de se passer de main en main.
Je me demande comment cet ouvrage est arrivé à Guernesey ? Peut-être les livres possèdent-ils un instinct de préservation secret qui les guide jusqu'à leur lecteur idéal...
Janvier 1946. Londres se relève douloureusement des drames de la Seconde Guerre mondiale et Juliet, jeune écrivaine anglaise, est à la recherche du sujet de son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d'un inconnu, un natif de l'île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre son monde et celui de ses amis - un monde insoupçonné, délicieusement excentrique. Celui d'un club de lecture créé pendant la guerre pour échapper aux foudres d'une patrouille allemande un soir où, bravant le couvre-feu, ses membres venaient de déguster un cochon grillé (et une tourte aux épluchures de patates...) – délices bien évidemment strictement prohibés par l'occupant. Jamais à court d'imagination, le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates déborde de charme, de drôlerie, de tendresse, d'humanité – Juliet est conquise. Peu à peu, elle élargit sa correspondance avec plusieurs membres du Cercle – et même d'autres habitants de Guernesey –, découvrant l'histoire de l'île, les goûts (littéraires et autres) de chacun, l'impact de l'Occupation allemande sur leurs vies... Jusqu'au jour où elle comprend qu'elle tient avec le Cercle le sujet de son prochain roman. Alors elle répond à l'invitation chaleureuse de ses nouveaux amis et se rend à Guernesey. Ce qu'elle va trouver là-bas changera sa vie à jamais.
simplicité, émotion gravité....

01 juillet 2012

La ferme du crime

Une ferme située dans un village de Bavière devient le théâtre de crimes abominables commis sur les membres d'une même famille : le patriarche, sa femme, leur fille et ses deux jeunes enfants. Les Danner n'étaient pas aimés, ils vivaient reclus et avaient leurs petits secrets qui provoquaient jalousie et convoitise dans le voisinage, mais est-ce que ça peut expliquer une telle férocité ? Et puis, les enfants ? On murmure partout que ce ne peut être que le geste d'un maniaque, ou d'un monstre qui passait par là, mais ce n'est pas possible que ce soit l'un d'eux. Il règne alors dans le village une ambiance glaciale, où la suspicion et la peur ont trouvé leurs marques. 
critique

23 juin 2012

Doña Isabel


Un roman d'aventures d'une grande finesse, fondé sur l'histoire vraie d'une expédition tragique au XVIIIsiècle.
En octobre 1769, Doña Isabel, une Créole du Pérou, a quitté son hacienda à la tête de trente et un porteurs pour ne plus jamais revenir. Elle s'est enfoncée dans la forêt d'Amazonie... Son but était de rejoindre son mari, qui se trouvait alors en Guyane - un mari français, Jean Godin des Odonais, qu'elle n'avait pas vu depuis vingt ans. Mais son expédition s'est perdue, et les voyageurs sont tous morts les uns après les autres dans des conditions atroces... Tous sauf Doña Isabel. Seule dans la forêt, elle a marché pendant près de deux semaines avant d'arriver à demi morte à la mission chrétienne d'Andoas. Comment a-t-elle pu survivre ?
Dans un salon parisien, M. de La Condamine, savant réputé et grand voyageur, contemporain de Voltaire et de Diderot, entend parler de cet incroyable et émouvant exploit. Mais lui, qui a bien connu Jean et Isabel Godin des Odonais, n'est pas dupe. Que se cache-t-il derrière cette histoire, si lisse, si romanesque en apparence ? Pour tenter de le découvrir, le vieil homme entreprend un dernier voyage et une dernière enquête.

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Avale


Chaque matin, Rose et Tolani suivent ensemble le parcours du combattant qui, de trottoir puant en bus surpeuplé, les mène de leur appartement à la banque où



elles travaillent. Leur quotidien dans Lagos en ces années 1980, alors que le gouvernement nigérian multiplie les mesures disciplinaires, est celui d'une multitude de femmes jeunes, célibataires et pauvres : leur milieu professionnel, leur vie de tous les jours et même leurs relations amoureuses sont régis par des rapports de force.
Dans une ville devenue folle, dans un pays autoritariste et corrompu, les deux amies gardent pourtant l'envie de rire, d'aimer, d'acheter des chaussures ou d'aller danser, de rêver aussi. Le jour où Rose est renvoyée pour insubordination, elle sombre dans la déprime : elle traîne à la maison et boit trop. Affectée à son poste, Tolani se retrouve secrétaire d'un chefaillon lubrique. Quand un homme leur propose de gagner de l'argent rapidement, "facilement", la tentation est réelle...
Rythmée. légère, imagée, la langue de Sefi Atta diffuse spontanéité et énergie dans le récit de Tolani, que les souvenirs de sa mère viennent éclairer et enrichir. Sombre, mais irrigué par un salutaire esprit de révolte et par une indispensable joie de vivre, Avale est un roman ardent portant avec force la voix d'une jeunesse violentée mais jamais résignée, dans un Nigeria impitoyable qui broie ses enfants.





J'ai bien aimé

La tête en friche

Germain Chazes, 45 ans, 110 kilos de muscles, tête en friche et narrateur de ce roman, se méfie des mots et de ceux qui parlent 'tout en guirlande et poils de cul'. Il vit dans une caravane au fond du jardin de sa mère et passe son temps entre le bistrot et le jardin public. Lui-même reconnaît qu'il est assez intelligent pour voir à quel point il est bête. Sur un banc du jardin public, il rencontre Marguerite, une toute petite vieille dame de 86 ans. Elle s'échappe souvent de sa maison de retraite pour observer les pigeons. Cette vieille dame réservée et cultivée l'émeut et le fait rire, ne fait pas la fière et l'appelle 'Monsieur'. Il suffit de quelques jours pour qu'ils deviennent 'complices', un mot qui n'appartenait pas jusqu'alors au vocabulaire de Germain. Auprès de Marguerite, Germain va découvrir un nouveau monde, celui des mots et des livres. Marguerite aime faire la lecture à voix haute, et voilà Germain, le presque illettré, embarqué au côté d'elle dans 'La Peste' de Camus. De lectures en lectures, c'est le pouvoir des livres qu'il explore, qui ouvrent en lui un monde nouveau. Et sa vie en est bouleversée. Avec Annette, sa copine, maintenant 'il ne baise plus', 'il fait l'amour.' Et à fréquenter les bibliothèques, même ses conversations de comptoir prennent un tour inattendu et souvent hilarant...
C'est vite lu et assez marrant
qqs critiques

29 mai 2012

La tresse de jeanne


"A une cinquantaine de kilomètres de Brest, dans la région légumière du nord Finistère, se trouve Roscoff, autrefois cité corsaire. Depuis longtemps, ces corsaires ont cédé la place aux « johnnies », milliers de roscovites qui traversent la Manche pour vendre leur production d’oignons roses dont raffolent les Britanniques. On les affuble du surnom de « johnnies » du fait du grand nombre de Bretons prénommés Jean partis tenter leur chance outre-manche. En partance pour l’Angleterre, le pays de Galles et parfois l’Ecosse, la silhouette des johnnies, coiffés d’un béret, est reconnaissable entre toutes. En Grande Bretagne, ils font du porte à porte avec sur leur épaule le bâton qui soutient des dizaines de tresses d’oignons.
En 1905, le père de Jeanne est de ceux-là. La séparation est difficile. Jeanne, fillette sauvage s’enferme dans sa solitude : elle sait d’instinct qu’elle ne pourra trouver refuge auprès de sa mère ou de sa sœur aînée. Lorsqu’en novembre le bateau vapeur l’Hilda, avec à son bord une soixantaine de johnnies, sombre au large de Saint Malo, la vie de Jeanne s’écroule. Pourtant elle est convaincue que son père n’est pas mort et se jure même qu’elle le retrouvera un jour.
L’année de ses seize ans, Jeanne décide de partir à sa recherche. Un seul moyen à sa portée : reprendre le travail de son père ; un obstacle et non des moindres : le métier de « johnny » n’a jamais compté de femme dans ses rangs. La jeune fille sacrifie sa longue tresse et s’habille en homme pour mener son enquête qui va la conduire de Roscoff à Saint Malo et jusqu’aux villages anglais où son père effectuait ses livraisons régulières depuis des années.
Jeanne veut comprendre pourquoi, chacun dans son entourage, élude le sujet si douloureux depuis un certain matin de juillet…
 
Il n’y a eu à ce jour aucun roman sur les johnnies. De cette communauté florissante au début du XXe siècle (ils étaient mille cinq cent en 1929), il ne reste aujourd’hui plus que vingt deux marchands d’oignons à exercer. Spécificité toute anglo-bretonne, dont Nathalie de Broc s’est servie pour raconter la bouleversante quête d’identité de Jeanne et son initiation à un métier étonnant."

A  lire d'une traite. J'ai surtout aimé l'évocation du métier des Johnnies